À croire que pour nos partenaires conventionnels la prévention est un sujet qui n’a rien de sérieux.
Choisir cette journée du 1er avril pour lancer la campagne majeure du projet zéro carie n’est que farce et mauvaise blague, à l’instar de tout ce qui a entouré la mise en place du nouvel EBD et de son financement.
La FSDL souhaitait donner plus de temps à la réforme de l’EBD afin de garantir à la profession de vrais outils opérationnels et éviter un échec cuisant. Les autres partenaires conventionnels ont choisi la date du 1er avril comme date cible. Une des raisons qui nous a poussé à ne pas signer l’avenant 2.
Une fois de plus, les partenaires ont choisi d’ignorer nos demandes pourtant fondées. Il est triste de constater l’ignomineuse farce qu’ils ont joué à la profession et à la prévention bucco-dentaire.
Fort de cela nous demandons à tous nos confrères de patienter et de ne pas se précipiter à coter ce nouvel EBD qui ne correspond pas au projet initial de 2023, c’est un constat !
Il est urgent d’attendre les évolutions des logiciels professionnels, le plein développement des outils administratifs et enfin les solutions de paiement avant de mettre le pied dans ce mauvais canular.
La FSDL avait posé sa signature pour la première fois sur un texte conventionnel notamment pour ses avancées majeures en termes de prévention et de revalorisation des soins. A ce jour, nous constatons que le compte n’y est pas.
Comme nous l’avons toujours fait, notre signature ne modifiera pas notre attitude envers l’assurance maladie (l’UNCAM) et l’Union nationale des complémentaires santé (l’UNOCAM), grande absente du projet prévention.
Quand une solution est mauvaise nous le disons sans aucune hésitation et nous continuerons à contester pour que la solution s’améliore.
Chronique d’un échec annoncé
Depuis la signature de la convention 2023-2028 nous savions que le calendrier pour la mise en œuvre de l’EBD nouvelle génération était contraint. Pour ne rien simplifier le législateur, sans concertation aucune, a décidé unilatéralement que la prévention serait à la fois financée par l’assurance maladie ET les complémentaires santé.
C’était sans compter l’amateurisme de l’inter-AMC, prestataire choisi par l’UNOCAM pour proposer un interlocuteur unique dans les relations entre les chirurgiens-dentistes et les complémentaires santé.
Ce prestataire a voulu imposer une solution qui ne répondait en rien au cahier des charges conventionnel. En lieu et place, sourdement et inlassablement, il proposait une solution déjà développée pour les autres professions de santé, dans un cadre volontaire, non conventionnel, induisant de facto la mise en place d’un tiers payant généralisé.
Rien, absolument rien, n’avait été préparé par ce prestataire pour notre première entrevue au début du dernier trimestre 2024. S’en sont suivies de nombreuses réunions où l’inter-AMC a feint de ne pouvoir proposer autre chose que ce tiers payant généralisé, se dissimulant faussement derrière une impossibilité technique ou légale, répétant le discours éculé « faites nous confiance » Les deux syndicats sont restés unis et sur la même ligne de conduite, refusant sans aucune possibilité de négociation la proposition de l’inter-AMC.
La FSDL, a interpellé l’assurance maladie et l’Union des complémentaires santé; cette dernière, bien que signataire de la convention, est restée étrangement silencieuse.
Enfin, le 07 mars 2025 , par un heureux miracle, l’inter-AMC a fini par faire ce qui jusque-là leur était “impossible” : respecter le cadre conventionnel et proposer un contrat strictement limité au périmètre de l’EBD, des soins de suite et des soins complémentaires.
Enfin l’inter-AMC prenait conscience qu’il y avait des enjeux bien supérieurs à leur volonté de profiter de la situation pour imposer le tiers-payant généralisé à la profession.
De nombreuses imperfections restent à corriger dans cette solution imposée.
Les éditeurs de logiciel vont enfin pouvoir travailler pour apporter à la profession une solution aboutie, il leur était donc impossible de tenir le calendrier du 1er avril.
Tous les ingrédients d’un échec annoncé sont présents :
- Phases de test programmées annulées et transformées en phase de “montée en charge”.
- Intégration de l’interface EBD aux logiciels repoussée.
- Communication du programme inter-AMC réduite inexistante.
Farce du 1er avril ? On n’aurait pas pu choisir une date plus symbolique !
Continuez à suivre vos jeunes patients en faisant tout ce qui est nécessaire pour les soigner. Nous n’avons pas besoin d’alourdir notre charge administrative avec un outil inabouti qui ne nous apporte que contraintes et incertitudes.
Voilà le seul message possible à cette heure.
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